Bye bye TGV, hello InOui !

Gros chamboulement dans l’univers ferroviaire. Dès le début de l’année 2021, le marché du train à grande vitesse se verra libéralisé sur le vieux continent. De nombreuses compagnies européennes vont donc s’engouffrer dans la brèche et concurrencer notre bon vieux TGV, tout juste 40 ans après son premier lancement.

Une nouvelle ère

Dès cet été, TGV sera rebaptisé “InOui”, petit nom choisi pour se démarquer de ce qui se fera alors hors de nos frontières. Son déploiement se fera en plusieurs temps. Et c’est la ligne Paris-Bordeaux qui ouvrira le bal, suivront Paris-Lyon puis Paris-Strasbourg d’ici fin 2017. Enfin, les liaisons Paris-Rennes, Paris-Marseille, Paris-Lille, Paris-Metz et Paris-Nancy courant 2018.

Pour ma part j’observe avec nostalgie l’évolution du logo de cette institution française dont les premières versions minimalistes n’ont pas à rougir de ce que nous voyons de nos jours. Sans oublier la création de 2006 que l’on s’amusait à retourner pour y voir un escargot. Disons qu’il aura fait couler beaucoup d’encre…

Oui ? Mais pourquoi ?

Et bien parce que la SNCF a déjà commencé le boulot depuis un bon moment. Ouigo pour les TGV low-cost, Ouibus pour les trajets en autocar, Ouicar pour les locations de voitures entre particuliers… Bref, il fallait y trouver un point commun et les équipes créatives ayant planché sur le sujet ont retourné leur cerveau plusieurs jours pour découvrir le… Oui ! Très judicieux. D’ailleurs, même le site de réservation en ligne voyages-sncf.com va devenir oui.sncf. Du génie !

Dans le vif du sujet

Alors InOui… Le problème avec ce terme est qu’il est ambivalent. “Inouï” est certes un terme fort mais d’après moi il peut évoquer aussi bien quelque chose de positif que de péjoratif. Ces tarifs sont inouïs !! Vous voyez ? Et je trouve que c’est déjà un gros problème. Ensuite, mon deuxième souci (et pas des moindres) est que tous ces “Oui” me font bêtement penser à Oui-Oui, petit personnage bien connu des plus jeunes. Et moi je ne sais pas vous mais avec la SNCF ce n’est pas vraiment le pays de Oui-Oui. Ça se passera de commentaires…

Du point de vue de la SNCF, dire “Oui” résonne comme une promesse. La promesse du train à l’heure, la promesse d’un service exceptionnel, la promesse d’un accueil irréprochable etc. Mais à trop vouloir dire oui à tout, la SNCF ne risque t-elle pas de perdre progressivement la confiance de ses habitués ?

InOui

En soi, le changement de nom relève d’une prise de position stratégique. Plusieurs grandes marques ont déjà été rebaptisées par le nom de leur produit comme par exemple France Telecom devenue Orange. Pour la SNCF il s’agit surtout, comme je le disais plus haut, de la libéralisation du marché européen. Ce qui signifie l’émergence d’une concurrence mais également la possibilité d’aller conquérir de nouveaux marché à l’étranger. Alors pourquoi ne pas avoir misé sur un terme plus universel et un peu moins… francophone ?
De son côté la marque TGV était une force dans la mesure où elle est pratiquement devenue un nom commun à l’instar de Scotch ou Frigidaire. Il est possible que du point de vue de la SNCF elle serait devenue trop vieillissante et n’évoquerait plus le progrès technique et l’innovation de nos jours.

 

Ambigramme, kézako ?

Définition : Un ambigramme est la figure graphique d’un mot (ou d’un groupe de mots) dont la représentation suscite une double lecture. Un ambigramme doit ainsi pouvoir se lire selon différents points de vue, en particulier par symétrie centrale (demi-tour), par symétrie axiale (effet miroir), ou parce que le lecteur fixe son attention sur différents éléments de la représentation. La double lecture d’un ambigramme peut donner le même mot, ou un autre mot (ou groupe de mots).

Jolie trouvaille mais je pense que c’est pour tenter de faire oublier l’histoire de l’escargot (voir plus haut).

InOui